Exposition "Parcours de curieuses"
En ce mois d'octobre, l'Atelier 122 accueille deux femmes "curieuses" et complémentaires : Lamia Maître et Ghislaine Dognon. L'une sculpte, l'autre peint.
Lamia Maître — Sculpter la femme autrement

Je suis sculptrice céramiste autodidacte. Je travaille le grès avec une liberté totale, sans chercher à reproduire le corps féminin tel qu’on le connaît, mais à le réinventer.
Mes sculptures jouent avec les proportions, les volumes et les courbes. J’aime cette « disproportion harmonieuse » qui permet de donner au corps une présence différente : généreuse, sensuelle, parfois surprenante, mais toujours profondément humaine. Je ne cherche pas la perfection anatomique. Au contraire, j’aime amplifier une hanche, allonger une jambe, arrondir un ventre ou transformer une silhouette pour créer une émotion et une personnalité. Mes femmes ne sont jamais figées : elles se découvrent en tournant autour d’elles, chaque angle révélant une nouvelle attitude.
La terre est pour moi une matière vivante. Je la façonne directement avec les mains, je la laisse parfois m’emmener là où je ne l’avais pas prévu, puis le feu et les émaux viennent terminer ce dialogue. À travers mes séries, je parle de femmes, de maternité, de féminité, de gravité, d’ancrage… et aujourd’hui aussi des signes du zodiaque. Je ne cherche pas à sculpter des femmes parfaites. Je cherche à sculpter des femmes qui ont une présence.
Cette sculpture explore la féminité à travers une déformation volontaire des proportions. Le corps devient volume, mouvement et matière, tandis que l’exagération des courbes affirme une féminité libre, assumée et généreuse. La posture, entre abandon et introspection, apporte une certaine douceur à la puissance des formes. L’émail bleu-vert, riche de nuances et de textures, accentue les volumes et donne à la sculpture une dimension presque organique. Une ode au corps féminin, débarrassé des canons et des contraintes, simplement dans sa présence et sa force.
Cette sculpture explore le corps féminin dans une posture de repli et d’introspection. Les formes généreuses s’entrelacent et se répondent, créant un mouvement continu où le corps semble à la fois se protéger et s’abandonner. Les proportions volontairement amplifiées donnent à la silhouette une force presque monumentale, tandis que la posture évoque un instant suspendu, intérieur et silencieux. L’émail noir, profond et rapeux, enveloppe les volumes et révèle chaque courbe, faisant du corps une matière à la fois brute, sensuelle et intemporelle.
Ghislaine Dognon —Peindre l'imaginaire
J'ai d'abord pratiqué le figuratif, pour me tourner ensuite vers une expression plus libre et abstraite. Cette recherche continue à travers différentes matières, formats et techniques .
Le papier sert de matière support, d'autres bouts de papier colorés et travaillés s'ajoutent, des cartons triturés des morceaux de tissu s'additionnent, les fils se croisent, l'encre de Chine affirme la trait et l'acrylique change l'alchimie.
Plusieurs séries sont présentées, chacune mettant l'accent sur un axe particulier : paysages imaginaires, portraits de l'âme, compositions minimalistes rayonnantes, leporellos méditatifs, œuvres abstraites de grands formats ou le geste la matière et la trame se superposent.
Mercredi, samedi, dimanche 10h à 12h30
ATELIER 122
122 rue Nationale . Gimont
VERNISSAGE
vendredi 9 octobre à 18h30
